vendredi 23 mai 2014
Jour 3: 2ème étape, 11,5km le long du Saloum
C’est une étape magnifique, mais largement plus difficile que la veille. Le soleil est sorti et il fait déjà chaud lorsque le départ est donné devant l’hôtel à 8h.
Les baliseurs avaient reçu pour consigne de tracer un parcours trail, le plus près possible du Saloum. Du coup, avec la marée, nous nous sommes parfois retrouvées sur un terrain très humide, et gras par endroit (ça glisse et ça colle, et du coup ça avance forcément un peu moins vite).
Après une grande ligne droite, le vent de face, nous atteignons un petit village de pêcheurs où se trouve le ravitaillement de mi-parcours. A la sortie du village, le groupe de tête manque le balisage et se trompe de direction. Je me retrouve 5ème. Puis c’est une grande ligne droite de près de 6km qu’il nous faut parcourir avant de trouver les grands drapeaux jaunes de la Sénégazelle annonçant la ligne d’arrivée ; le dernier km est difficile. Les filles du groupe de tête qui se sont trompées de chemin nous rattrapent petit à petit ; je passe finalement la ligne d’arriver en 13ème position, après 1h13 de course, au son des djembés et des applaudissements des enfants et des familles venus des environs nous accueillir.
On se joint à eux pour attendre et applaudir les dernières coureuses/marcheuses ; on danse aux sons des rythmes africains ; certains enfants sont morts de rire en nous regardant ; il semble qu’on ai de gros progrès à faire !
Ensuite, nous retournons à Foundiougne, en bus cette fois-ci ! Aujourd'hui pas de visite dans les écoles primaires. Cette journée est en effet consacrée au concours d' admission en sixième pour les enfants de CM2. Tous les instituteurs du département de Foundiougne et alentours sont mobilisés pour faire passer les épreuves du BFM (sorte de certificat d'études).
Ce sont donc les tous petits de quatre écoles maternelles et garderies (400 enfants environ) à qui nous allons rendre visite. Nous leur distribuons ballons de baudruches et peluches ; ils sont super contents ! On joue un peu avec eux, les plus grands nous chantent même une petite chanson, trop chou !
Après la visite des écoles, nous partons faire un tour au marché hebdomadaire de Foundiougne. On y trouve de tout, les gens y viennent parfois de très loin pour y vendre ou troquer leurs produits. C’est coloré, vivant, bordélique. J’adore !
De retour à l’hôtel, nous faisons une petite lessive et préparons nos sacs ; en effet, nous allons bivouaquer sur l’île de MBelane, où se déroulera notre 3ème étape. A 15h30, nous partons pour ¾ d’heure de calèche vers l’Est, en direction d’un autre bras du Saloum, que nous traversons en pirogue pour rejoindre notre campement, au bord de l’eau.
L’endroit est vraiment chouette : quelques maisons sur pilotis, des sanitaires surprenants, un petit restaurant, un four à pain, un bateau échoué (qui sera restauré pour accueillir de futurs touristes) et quelques tentes supplémentaires pour héberger cette nuit les 51 gazelles et le staff. Issa Baro, le propriétaire nous accueille avec des jus de fruits locaux, de bissap et de pain de sucre, le fruit d’une certaine variété de baobabs.
L’endroit est très animé, les familles des environs sont venues jusqu’ici, car un spectacle de lutte sénégalaise a été organisé pour notre venue. Un sac de 50kg de riz sera remis au vainqueur, de quoi nourrir une famille pendant 1 mois.
Dès 18h, les lutteurs commencent à s’échauffer, au son des djembés, s’adonnant chacun à leurs propres rituels. C’est plutôt impressionnant, l’atmosphère est intense, on voit les sent concentrés. Ils défilent devant le « maître de cérémonie » qui décidera des combats. Les familles encouragent, les lutteurs se mettent en tenue ; à 18h30, les premiers combats commencent. Très beau spectacle !
A 20h, après quelques chansons autour du feu, accompagné de nos musiciens, l’équipe de Issa Baro nous sert le repas ; poulet ou phacochère au choix, avec du pain maison tout droit sorti du four et une petite sauce aux oignons comme ils savent si bien les faire ici au Sénégal ! Un délice ! Crêpes flambées en dessert, la cerise sur le gâteau !
Toute l’équipe s’est donné à fond pour nous offrir le meilleur accueil possible, c’est extra.
Vers 22h, nous partons nous coucher ; je partage ce soir une tente avec Marie-Philomène ; dur de s’endormir, la tente de ferme pas et les moustiques m’aiment bien, et il fait chaud ! La nuit sera courte, mais sans aucun doute, ça en vaut la peine !
lundi 19 mai 2014
Jour 2: 1ère étape, 7km et arrivée au village de Mbam
Lundi 5 mai,
réveil à 6h. Le départ des coureuses est à 8h00, on a donc le temps de prendre tranquillement
le petit déjeuner (délicieuses confitures locales de mangue, bissap et melon) et
de se préparer tranquillement.
Le top départ est donnée à 7h30 pour les
marcheuses, puis vient notre tour à 8h00.
C’est une étape de 6,9km qui nous
mène du bord du Saloum au petit village de Mbam, où ont été construites 2
nouvelles salles de classe, grâce à l’action de la Batirun, en 2011 (classe de
collège) et en 2012 (classe de lycée). Pour ce 1er jour, c’est une étape plutôt
facile que nous a réservé l’organisation (étape initialement annoncé de 8,4km),
et un ciel légèrement voilé nous a permis de courir avec quelques degrés de
moins, ce qui était idéal vu que nous ne sommes pas encore trop habituées à la
chaleur.
Nous sommes accueillis au son des djembés et des applaudissements des
nombreux enfants de l’école, l’ambiance est chaleureuse.
Après l’arrivée des
dernières marcheuses, nous rentrons dans la cour de l’école, où quelques femmes
et enfants continuent de danser au son des rythmes africains. Le directeur nous
offre un petit discours de remerciement, émouvant.
Jean-François Perron (organisateur Sénégazelle) et le directeur de l'école de Mbam
Ensuite, nous nous répartissons dans les
classes où les 350 élèves de l’école viennent de prendre place pour recevoir
leurs fournitures. Les enfants sont calmes et disciplinés, timides et
impressionnés peut-être ? Ils nous chantent l’hymne du Sénégal et nous entamons
à notre tour une petite chanson française. C’est un beau moment d’échange et de
sourires.
Vers 10h30, nous repartons en direction de notre hôtel en calèche, le
mode de transport local ! C’est plutôt fun, mais pas très rapide. Nous
empruntons la rue principale de la ville où quelques marchands vendent, au bord
de la route, fruits et légumes (mangues, cacahuètes, pommes de terre, etc) et où
se trouvent également quelques boutiques d’artisanat local. A l’hôtel, je fais
la connaissance de « Ibu » et son papa, sculpteurs sur bois qui
exposent différents objets en tek et ébène, plutôt jolis.
De retour à la
chambre, douche et lessive (puisque nous avons pour consigne de porter notre
beau T-shirt rose Sénégazelle les jours 1, 3 et 5 de course), puis apéro !
Je discute avec Pita (coach Roz Avel, monitrice de ski à l’alpe d’huez) et Fabienne, et j’en découvre un peu plus sur la fibromyalgie et les différentes
méthodes de soins, dont le « neurofeedback ». Fabienne nous raconte
également son expérience de l’an passé, sur le « trophée roses des sables ».
Moi je dis bravo !
Cette course est une compétition exclusivement réservée
aux femmes. Elle est issue de la pure tradition des rallyes raids africains. A
bord d’un 4X4, d’un SSV, d’un quad ou d’une moto, l’objectif est de rallier
l’étape du jour à l’aide d’un road-book, d’une carte et d’une boussole, en respectant
les différents contrôles de passage (CP). La philosophie du Trophée consiste,
au travers d’un financement réaliste, à permettre à chaque femme d’accéder à
une compétition internationale dotée d’une forte dimension humaine, tout en
participant à une action d’entraide entre les peuples en acheminant des dons à
destination des enfants défavorisés.
Après le
repas et un début d’après-midi tranquille (petite sieste à la clim, il commence
à faire chaud), nous partons en pirogue sur le Saloum pour une petite excursion
de 3 heures.
Nous traversons la mangrove et pouvons notamment observer pélicans
et hérons goliath (héron gris ardoisé, le plus grand du monde).
Nous faisons
ensuite un stop dans un minuscule village de pêcheurs où nous pouvons voir les
systèmes utilisés pour faire cuire / sécher le poisson, avant qu’il ne soit décortiqué
pour être vendu ou troqué au marché contre fruits et légumes.
Nous rencontrons
la famille, à qui nous avons apporté une valise remplie de jeux et peluches
pour les enfants. C’est la grand-mère qui dirige (la doyenne du village), et c’est
elle qui a le privilège de recevoir la donation.
Les enfants nous raccompagnent
ensuite jusqu’à notre pirogue, et nous repartons en direction de l’hôtel, au
coucher du soleil. En chemin, ce sont des poissons volants et des dauphins (une
dizaine) que nous avons la chance d’apercevoir, alors que nous sommes situés à
environ 17km de l’océan.
Après le repas, la chorale chrétienne de Foundiougne vient
nous rendre visite pour nous chanter quelques chansons et c’est à 22h30 que
nous allons nous coucher, histoire de récupérer pour la 2ème étape
du lendemain.
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